Panneaux solaires en copropriété : AG, DP, qui signe quoi
Mis à jour le 2 juillet 2026 — par l'équipe urbanisme Permis Extérieur
Installer des panneaux solaires en copropriété exige deux autorisations distinctes : le vote de l'assemblée générale — à la majorité simple de l'article 24 depuis la loi APER du 10 mars 2023 — et une déclaration préalable en mairie, déposée par le syndic pour la toiture commune ou par le copropriétaire pour un usage privatif autorisé. Aucune des deux ne remplace l'autre : un projet voté en AG mais sans DP est illégal, et une DP obtenue sans vote de l'AG peut être démontée sur demande du syndicat. Ce guide détaille qui décide, qui signe et qui dépose, cas par cas.
Règles clés à retenir
Vote AG (toiture, façade, garde-corps)Majorité simple de l'article 24 depuis la loi APER du 10 mars 2023
Toiture communeDP déposée par le syndic après le vote de l'AG
Balcon privatifAccord de l'AG + DP déposée par le copropriétaire
Panneaux en toitureDéclaration préalable, toujours (article R*421-17)
Secteur protégéDP avec avis ABF, délai 2 mois
FormulaireCERFA 16702*02
Toiture commune : quelle majorité en assemblée générale ?
L'installation de panneaux solaires sur la toiture commune d'une copropriété se vote désormais à la majorité simple de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965 : la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance. C'est l'apport de l'article 44 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 (dite loi APER), qui vise expressément les ouvrages nécessaires à la production d'énergie solaire photovoltaïque et thermique sur les toits, les façades et les garde-corps.
Avant 2023, ces travaux relevaient de la majorité absolue de l'article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires, y compris les absents), déjà assouplie par la loi Climat et résilience de 2021 pour les travaux d'économie d'énergie. Le passage à la majorité simple change la donne : les abstentions et les absents ne bloquent plus le projet.
Concrètement, il suffit d'inscrire le projet à l'ordre du jour de l'AG (avec devis, plan d'implantation et modalités de financement) et d'obtenir plus de voix « pour » que « contre » parmi les votants.
Panneau au balcon : pourquoi il faut l'AG en plus de la DP ?
Un panneau solaire fixé au garde-corps d'un balcon privatif nécessite à la fois l'autorisation de l'assemblée générale et une déclaration préalable en mairie, car il modifie l'aspect extérieur de l'immeuble. Le balcon a beau être privatif, la façade et son harmonie relèvent de l'intérêt collectif : le règlement de copropriété interdit presque toujours de modifier l'aspect extérieur sans accord de l'AG.
Là encore, la loi APER a facilité le vote : les ouvrages solaires sur les garde-corps sont expressément visés par le passage à la majorité simple de l'article 24. Un copropriétaire motivé a donc de réelles chances de faire passer son kit de balcon, surtout s'il présente un dossier propre (photomontage, fixations réversibles, teinte discrète).
Côté mairie, la DP est obligatoire même pour un seul panneau : la modification de façade est soumise à l'article R*421-17 du Code de l'urbanisme, sans seuil de puissance ni de surface. Installer sans vote ni DP expose au double risque : injonction de dépose par le syndicat et infraction d'urbanisme (amende de 1 200 à 6 000 € par m², article L480-4).
Qui dépose la déclaration préalable : le syndic ou le copropriétaire ?
Pour une installation sur la toiture commune, c'est le syndic qui dépose la déclaration préalable au nom du syndicat des copropriétaires, une fois le projet voté en AG ; pour une installation privative autorisée (balcon, toiture en jouissance privative), c'est le copropriétaire qui dépose en son nom, en joignant l'autorisation de l'AG. Le formulaire est le même dans les deux cas : le CERFA 16702*02.
Le déposant doit avoir qualité pour le faire : une DP déposée par un copropriétaire pour des travaux sur les parties communes sans mandat de l'AG est fragile — la mairie l'instruira (elle ne vérifie pas les rapports privés entre copropriétaires), mais le syndicat pourra exiger la remise en état malgré l'autorisation d'urbanisme obtenue.
L'ordre des démarches compte : d'abord le vote de l'AG (qui peut imposer des prescriptions d'implantation ou d'aspect), puis le dépôt de la DP conforme à ce qui a été voté. Délai d'instruction : 1 mois, porté à 2 mois en secteur protégé avec avis de l'architecte des Bâtiments de France.
Un copropriétaire peut-il équiper le toit pour lui seul ?
Oui, via une jouissance privative : l'assemblée générale peut accorder à un copropriétaire le droit d'utiliser une portion de la toiture commune pour ses propres panneaux, sans transfert de propriété. La toiture reste partie commune, mais le copropriétaire bénéficiaire en a l'usage exclusif pour son installation — une configuration fréquente dans les petites copropriétés où un seul lot est intéressé.
L'accord de l'AG précise alors le périmètre, les conditions d'entretien et de remise en état, et la prise en charge des éventuels dommages à l'étanchéité — le point sensible de tout projet en toiture. Un projet bien préparé arrive en AG avec l'étude de structure et l'engagement d'un installateur assuré en décennale.
La déclaration préalable est ensuite déposée par le copropriétaire bénéficiaire, avec l'autorisation de l'AG au dossier. L'électricité produite alimente son lot via son propre point de livraison, en autoconsommation individuelle classique (CACSI sans injection, ou contrat de raccordement avec revente du surplus).
Autoconsommation collective : partager la production entre copropriétaires
L'autoconsommation collective permet de partager la production des panneaux de la copropriété entre plusieurs occupants de l'immeuble, dans un cadre légal existant et éprouvé : les participants se regroupent au sein d'une personne morale organisatrice (PMO) — qui peut s'appuyer sur le syndicat — chargée de la répartition de la production, formalisée par une convention avec Enedis.
C'est l'option la plus ambitieuse : elle mutualise l'investissement voté en AG et fait baisser la facture de tous les participants, mais elle demande un montage juridique et une clé de répartition. Pour un premier projet, beaucoup de copropriétés commencent par une installation alimentant les parties communes (ascenseur, éclairage), plus simple à voter et à gérer.
Quel que soit le montage électrique retenu, le volet urbanisme ne change pas : panneaux en toiture = déclaration préalable, déposée par le syndic après le vote de l'AG.
Secteur protégé, PLU : les contraintes qui s'ajoutent au vote
Le vote de l'AG ne dispense d'aucune règle d'urbanisme : en secteur protégé — abords de monument historique, site patrimonial remarquable, site classé —, la déclaration préalable est instruite avec l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, le délai passe à 2 mois et des prescriptions (panneaux mats, implantation non visible depuis l'espace public) peuvent s'imposer, voire un refus.
En ville, c'est un cas fréquent : de nombreux immeubles anciens se trouvent dans le périmètre de 500 m d'un monument historique. Vérifiez la situation de l'immeuble sur le Géoportail de l'urbanisme avant de présenter le projet en AG — un refus ABF après un vote positif est une déconvenue évitable.
Le PLU peut également encadrer l'aspect des toitures (matériaux, couleurs) et certaines communes ont adopté des prescriptions spécifiques au photovoltaïque. Un dossier de DP qui anticipe ces contraintes (insertion paysagère soignée, panneaux affleurants) maximise les chances d'acceptation du premier coup.
Questions fréquentes
Quelle majorité faut-il en AG pour installer des panneaux solaires en copropriété ?
La majorité simple de l'article 24 : la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance. Ce régime, issu de l'article 44 de la loi APER du 10 mars 2023, s'applique aux ouvrages solaires sur les toits, les façades et les garde-corps — avant 2023, c'était la majorité absolue de l'article 25.
Qui dépose la déclaration préalable pour des panneaux sur le toit de la copropriété ?
Le syndic, au nom du syndicat des copropriétaires, une fois le projet voté en assemblée générale. Pour une installation privative autorisée (balcon ou toiture en jouissance privative), c'est le copropriétaire qui dépose la DP en joignant l'autorisation de l'AG.
Puis-je installer un panneau solaire sur mon balcon sans l'accord de la copropriété ?
Non. Même sur un balcon privatif, un panneau modifie l'aspect extérieur de l'immeuble : l'accord de l'assemblée générale est requis, en plus de la déclaration préalable en mairie. Sans ces deux autorisations, le syndicat peut exiger la dépose et l'infraction d'urbanisme est constituée.
Un seul copropriétaire peut-il utiliser le toit commun pour ses panneaux ?
Oui, si l'assemblée générale lui accorde une jouissance privative d'une portion de la toiture. L'accord précise le périmètre, l'entretien et la responsabilité en cas de dommage à l'étanchéité ; le copropriétaire dépose ensuite la déclaration préalable avec cette autorisation au dossier.
Qu'est-ce que l'autoconsommation collective en copropriété ?
Un cadre légal qui permet de partager la production des panneaux entre plusieurs occupants de l'immeuble, via une personne morale organisatrice (PMO) et une convention avec Enedis. L'alternative plus simple consiste à affecter la production aux parties communes (ascenseur, éclairage).
L'immeuble est près d'un monument historique : le projet est-il possible ?
Oui, mais la déclaration préalable est soumise à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, avec un délai d'instruction de 2 mois. L'ABF peut imposer des prescriptions (panneaux mats, implantation non visible) ou refuser : vérifiez la situation sur le Géoportail de l'urbanisme avant le vote en AG.
Construire sans déclaration préalable est un délit
Amende de 1 200 à 6 000€/m² + possibilité de démolition ordonnée par le tribunal. Le délai de prescription est de 6 ans.
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